L’histoire
Pourquoi j’ai écrit ESPR
Cette application n’a pas commencé comme un projet. Elle a commencé comme une note dans mon téléphone, à la maternité, parce que nous étions deux à essayer de retenir les mêmes chiffres.
Il y avait un projet de naissance
Comme beaucoup de couples, nous en avions écrit un. Ma compagne voulait accoucher sans péridurale. J’étais là pour la soutenir, et j’avais deux choses à faire : couper le cordon, et habiller notre bébé pour la première fois.
Rien de tout cela n’est arrivé.
Code rouge
Bébé s’est présenté en siège. Les sages-femmes ont essayé pendant trente minutes de le retourner pour remettre la tête en bas. Et puis il y a eu une procidence du cordon : le cordon est descendu avant lui. C’est une urgence absolue.
Code rouge. Césarienne en urgence. En quelques minutes, tout ce que nous avions prévu avait disparu, et il ne restait qu’à attendre dans un couloir.
Tout s’est bien terminé. C’est la seule chose qui comptait, et c’est la seule chose dont on se souvient vraiment.
Après
Qui dit césarienne dit allaitement plus difficile à mettre en place. Ma compagne récupérait d’une opération, la montée de lait n’avait pas lu le manuel, et l’équipe nous demandait plusieurs fois par jour des choses très précises : de quand datait la dernière tétée, combien de temps elle avait duré, quel sein, combien de millilitres en complément au biberon, combien de couches.
Ce ne sont pas des détails. C’est comme ça qu’on vérifie qu’un nouveau-né boit assez, et c’est ce qui décide du jour où vous pourrez rentrer chez vous. À la maternité, tout tourne autour de ces chiffres-là et de la courbe de poids.
Alors j’ai ouvert l’application Notes, et j’ai écrit. À une main, dans le noir, avec un bébé sur l’autre bras.
Deux téléphones, deux listes
Le vrai problème n’était pas de noter. C’était que je notais dans mon téléphone, et qu’elle notait parfois dans le sien. Deux listes incomplètes, dont aucune ne disait la vérité, et qu’il fallait reconstituer à voix haute chaque matin avant la visite.
Pendant les siestes, j’ai écrit la chose la plus simple possible : une page, quelques boutons, l’heure déjà remplie, le total du jour affiché dessous. Et surtout : la même page pour elle et pour moi.
Ça ne ressemblait à rien. Mais nous avions arrêté de nous répéter des chiffres.
Et puis ça a continué de servir
De retour à la maison, je pensais l’abandonner. C’est le contraire qui s’est passé : chaque fois qu’une question revenait entre nous, je l’ajoutais le lendemain.
- Un minuteur de tétée, avec le sein et la durée, parce que c’était exactement ce qu’on nous demandait.
- Le complément au biberon en millilitres, à côté de la tétée plutôt qu’à sa place.
- Le poids, avec les courbes de l’OMS et un repère d’apport quotidien, pour arrêter de se demander si la reprise était normale.
- La vitamine D. Non pas qu’on l’oublie : on ne sait simplement plus si l’autre l’a déjà donnée aujourd’hui. C’est encore une histoire de centraliser l’information.
- Le fonctionnement sans réseau, parce qu’une chambre d’hôpital ou un sous-sol ne doivent pas faire disparaître une saisie.
Et puis il y a ce que j’ai écrit en avance. Au moment où je tape ces lignes, notre bébé a quinze jours : la diversification et la DME sont encore loin. Mais je sais déjà que dans quelques mois nous ne saurons plus dire ce qu’il a goûté, quand, et ce qui est bien passé. Alors la liste des aliments est prête, et elle attend.
Pourquoi je la mets entre d’autres mains
J’en ai parlé autour de moi, et j’ai trouvé la même chose chez presque tout le monde : une note illisible, un carnet en papier oublié à la maison, ou une application gratuite qui demande une adresse e-mail pour afficher trois publicités. Personne n’en était content. Tout le monde faisait avec.
ESPR remplace deux notes illisibles par une seule que vous avez tous les deux, et vous évite de garder des chiffres en tête un jour où vous n’avez de place pour rien d’autre.
Elle ne vous dira pas comment élever votre enfant. Elle ne vous notera pas, ne vous conseillera pas, et ne remplacera jamais votre pédiatre ou votre sage-femme. Elle fait une seule chose, et j’aimerais qu’elle la fasse très bien : se souvenir à votre place.
Nous avions tout noté. Nous n’avions plus rien à retenir.
Gratuit, sans carte bancaire.
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